
Le Conseil communal d’Ixelles du 25 septembre sera amené à se prononcer sur la création d’une rue Naïm Khader dans le nouveau quartier Universalis. Premier représentant de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) en Belgique et intellectuel palestinien assassiné à Ixelles en 1981, Naïm Khader défendait la reconnaissance d’un Etat palestinien à côté d’un Etat israélien, tous deux dans des frontières sûres et reconnues par les résolutions des Nations Unies.
Fervent défenseur d’un État palestinien démocratique, laïc et coexistant pacifiquement avec Israël, Naïm Khader incarne des idéaux auxquels la commune d’Ixelles est attachée. Son assassinat est commémoré chaque année à Ixelles, et son héritage prend une résonance particulière dans le contexte actuel. Il est né à Zababdeh le 30 décembre 1939, dans la Province de Jénine, en Cisjordanie. C’est en son hommage que la Commune d’Ixelles a bâti un jumelage avec cette commune palestinienne en 2003.
Depuis le début des attaques du gouvernement israélien dans la bande de Gaza, la population cisjordanienne subit également de graves répercussions, en particulier à Zababdeh, commune jumelée avec Ixelles, où 40% de la population a perdu son permis de travail, où l’armée israélienne impose des couvre-feux prolongés, où l’accès à l’eau est rendu aléatoire, voire inexistant, et où 1.300 réfugiés se sont installés dans cette petite ville de 5.000 habitants. De plus, les politiques de l’État d’Israël favorisent la colonisation des territoires de Cisjordanie, permettant à des colons de s’installer progressivement et de réduire les terres disponibles pour les populations palestiniennes locales. Dans ce climat d’instabilité et de précarité, Ixelles tient à réaffirmer son soutien à la Palestine, que ce soit en renforçant sa collaboration avec sa ville Jumelle de Zababdeh ou en donnant de la visibilité à des figures emblématiques de la lutte pour la justice et le respect du Droit International, comme en témoigne la nomination de cette nouvelle rue.
Les trois autres voiries proposées complètent ce travail de mémoire et d’ouverture :
Rue Georgette Ciselet, féministe engagée, particulièrement dans la lutte contre les inégalités dans les régimes matrimoniaux, on lui doit la suppression de l’incapacité de la femme mariée et de la notion de puissance maritale. Elle a également oeuvré avec détermination pour la reconnaissance des droits des femmes au sein de l’Union des femmes coloniales ;
Rue Andrée Grandjean, avocate belge, active dans les réseaux de résistance et dans la presse clandestine durant la Seconde Guerre mondiale et dans la lutte pour les droits de la femme ;
Place de la Montgolfière, évocation des « Montgolfiades » grandes fêtes universitaires organisées par l’Association des Diplômés de la Faculté des Sciences.
Cette décision marque une étape clé dans la naissance du quartier Universalis, conçu comme un espace universitaire, citoyen et durable, ouvert sur la ville et sur le monde.
Pour Julie de Groote, Échevine de l’Urbanisme (Les Engagés) :
« Nos choix de noms de rues illustrent combien la mémoire est vive, combien elle résonne avec l’actualité et les valeurs que nous portons. Naïm Khader était un artisan de paix, de résistance indissociable de la solidarité, même dans les heures les plus sombres.
La résistance, le respect de l’autre, l’engagement qui nous dépasse. Ce sont aussi les valeurs portées par pas moins de huit femmes qui auront des rues à leur nom. Hier encore, les femmes étaient invisibles dans nos noms de rues. Avec Caroline Pauwels, Thérèse de Radiguès, Sophie Kanza ou encore Georgette Ciselet, nous poursuivons l’important travail de féminisation et de visibilisation des femmes dans l’espace public. »
