Bruxelles-Propreté, soutenue par Fost Plus, relance le projet Cortexia à Bruxelles. Développée en Suisse, cette technologie associe l’intelligence artificielle à des caméras embarquées sur des véhicules de propreté pour détecter et quantifier les déchets présents sur la voirie. Après une première phase pilote menée en 2024 avec quatre camions équipés d’autant de caméras parcourant 144 km de voiries afin d’objectiver l’état de propreté, le projet change aujourd’hui d’échelle : des moyens techniques quadruplés et un périmètre d’intervention cinq fois plus vaste. Cette nouvelle phase, coordonnée par Bruxelles-Propreté, est déployée avec le concours d’Ixelles, de la Ville de Bruxelles ainsi d’Anderlecht et d’Ixelles.

Depuis le 19 mai, une quinzaine de camions, principalement des bennes à ordures ménagères mobilisées quasi quotidiennement pour la vidange des corbeilles publiques, sont équipés de caméras et d’ordinateurs embarqués. Objectif : mesurer l’état de propreté sur plus de 703 kilomètres de voiries. Ces véhicules sont déployés par la Ville de Bruxelles, les communes d’Anderlecht et d’Ixelles, ainsi que par Bruxelles-Propreté.

Le projet change d’échelle

Le dispositif monté sur ces véhicules a été développé par une start-up suisse qui a déjà fourni cette solution à plusieurs villes européennes. Concrètement, l’outil utilise l’intelligence artificielle pour repérer et comptabiliser les déchets qui jonchent la voirie, y compris les trottoirs.

Grâce à cette collaboration Région-communes, le périmètre est non seulement cinq fois plus étendu que lors de la première expérience pilote, mais il offre également un terrain de mesure beaucoup plus représentatif des réalités bruxelloises, en couvrant aussi bien des rues et ruelles communales que de grandes artères régionales comme la chaussée de Waterloo, le boulevard du Midi, la chaussée de Mons ou encore le boulevard Lambermont.

Pendant un an, les caméras vont identifier les déchets les plus souvent rencontrés sur le territoire visé (mégots de cigarettes, papiers et plastiques, canettes, déjections canines, petits emballages etc.) et les lier à des lieux cartographiés ainsi qu’à des périodes.

La caméra capture automatiquement des images tous les trois mètres le long de la voirie. Ces images sont analysées localement par l’ordinateur embarqué. Elles ne sont pas transmises à l’entreprise Cortexia et sont, pour la grande majorité, immédiatement supprimées après traitement. Ce fonctionnement garantit un haut niveau de protection des données personnelles.

Sur la carte des zones parcourues, un Clean City Index (CCI) établit une échelle allant de 0 à 5. Le CCI fait ressortir des codes couleurs en fonction de l’état de propreté des axes parcourus par les 16 camions.

Vert pour une artère très propre, orange pour un état de propreté satisfaisant et rouge pour une voirie catégorisée comme insuffisamment propre.

 

Mieux mesurer pour mieux agir

Bruxelles-Propreté estime que, dans une optique de partage de l’information et de transparence, la solution représente potentiellement une base solide pour objectiver la propreté des voiries et construire une nouvelle approche de la gestion de la propreté en région bruxelloise. Deux objectifs sont particulièrement visés par cette nouvelle expérience :

– Optimiser l’affectation des équipes de nettoyage

L’objectif est de redéployer les ressources humaines et le charroi depuis les zones suffisamment propres vers celles qui le sont moins. Grâce à son analyse automatisée de l’état de propreté, l’outil permet d’identifier si les fréquences de nettoyage, jusqu’ici standardisées, sont insuffisantes, adaptées ou excessives.

– Mesurer l’impact des actions publiques de propreté urbaine

L’objectif est également de déterminer, grâce à cet outil technologique, dans quelle mesure les actions de propreté structurelles (sensibilisation, rationalisation des corbeilles, verbalisation) et les interventions ponctuelles améliorent réellement la propreté publique. Les mesures d’optimisation opérationnelle, comme l’adaptation des fréquences de balayage, les passages en soirée ou la réallocation des équipes, feront aussi l’objet d’une analyse.

De façon plus générale, le projet, financé par Fost Plus à hauteur de 218 000 euros, vise à renforcer davantage la coordination entre l’Agence et les communes. L’indicateur de mesure (CCI) pourrait potentiellement devenir un outil commun d’évaluation et de pilotage. L’évaluation finale du projet aura lieu au printemps 2027 et permettra de déterminer s’il est pertinent ou non de déployer la solution à l’échelle de l’ensemble de la Région bruxelloise.

Pour l’Echevin de la propreté publique d’Ixelles, Geoffroy Kensier :

“Avec la mise en place, depuis avril, d’équipes du soir, nous allons pouvoir obtenir des données sur presque l’ensemble du territoire ixellois de 7h00 à 22h. Ces nouveaux outils vont nous permettre de mesurer, de manière objective, l’impact des actions menées dans le cadre de notre nouveau Plan Local de Propreté. Et le cas échéant d’ajuster nos ressources tant humaines, par exemple en réorganisant les équipes de balayage, que matérielles, en rationalisant le nombre et le lieu des corbeilles publiques. Tout en garantissant l’emploi, l’objectif est d’améliorer la propreté d’Ixelles, commune de destination par excellence pour aller boire un verre ou se divertir”

Pour la Secrétaire d’Etat à la propreté publique, Audrey Henry :

“La propreté publique entre dans l’ère de l’intelligence artificielle. Grâce à Cortexia, nous ne nettoyons plus la ville selon des habitudes, mais selon la réalité du terrain. Chaque donnée permettra une action ciblée. Nous passons d’une gestion basée sur des tournées fixes à une Région qui s’adapte en permanence à ses besoins. C’est le futur de la propreté urbaine, et il commence aujourd’hui grâce à un partenariat solide entre communes et Région.”

Pour Fost Plus :

“Via Fost Plus, les producteurs d’emballages s’engagent dans la lutte contre les déchets sauvages, aux côtés des communes et de la Région bruxelloise. En 2026, ils mettent à disposition 1 million d’euros pour financer un plan d’actions. C’est dans ce cadre que Fost Plus soutient le projet Cortexia à hauteur de 218.000 euros. Pour Fost Plus, un déchet qui jonche la voirie, c’est un emballage qui échappe à la collecte et au recyclage – et, donc, une matière valorisable perdue. ​”

Pour la directrice France-Benelux de Cortexia, Cécile Fries-Martinez :

“Depuis dix ans, nous défendons une idée simple : la propreté ne se pilote pas par les moyens engagés, mais par les résultats observés sur le terrain. Zurich, Hambourg et aujourd’hui Bruxelles font le choix de mesurer objectivement l’état réel de leurs rues pour orienter leurs actions là où elles ont le plus d’impact.”

Presse :

Bruxelles poursuit l’utilisation de l’IA pour mieux mesurer la propreté des rues – RTBF – 02.06.2026

La propreté entre “dans l’ère de l’intelligence artificielle” à Bruxelles – DH – 02.06.2026

L’IA détecte mégots, canettes et plastiques dans 700km de rues de Bruxelles : “On dépasse l’impression par la preuve” – Vers l’Avenir – 02.06.2026

Bruxelles poursuit l’utilisation de l’IA pour mieux mesurer la propreté des rues – BX1 – 02.06.2026

 

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