
La commune d’Ixelles franchit une première étape concrète dans la mise en oeuvre de son plan de régulation des locations touristiques de courte durée. Dans le courant de la semaine du 27 avril 2026, une vingtaine de courriers recommandés seront envoyés aux principales sociétés de conciergerie actives sur le territoire communal, afin de les sommer de cesser immédiatement toute exploitation illégale de logements en hébergement touristique.
À Ixelles, la crise du logement est une réalité qui touche une large partie de la population. Le développement de plateformes de location touristique de courte durée a contribué à retirer du marché locatif traditionnel un nombre significatif de logements.
« On évalue à environ 1.400 logements mis en location à l’année via des plateformes de type Airbnb. Ce sont autant de logements en moins pour les familles ixelloises. Ce phénomène est devenu, dans certains cas, un véritable outil spéculatif », souligne Romain De Reusme, Bourgmestre d’Ixelles.
Julie de Groote, Echevine de l’Urbanisme ajoute : « Ixelles est une commune de destination, une commune centrale, qui vibre et vit, et ce n’est donc pas un hasard si les offres Airbnb explosent chez nous. Cette attractivité ne peut toutefois pas se faire au détriment de l’accessibilité au logement pour les Ixellois ni de leur qualité de vie. »
Selon les analyses communales, plusieurs centaines de logements sont aujourd’hui exploités de manière intensive comme hébergements touristiques, alors qu’ils devraient être affectés au logement.
Une action ciblée et progressive
La première phase du plan consiste à interpeller directement les opérateurs intermédiaires, en particulier les sociétés de conciergerie, qui jouent un rôle clé dans l’exploitation de ces biens. Les courriers envoyés cette semaine constituent des mises en demeure demandant la cessation immédiate de l’exploitation illégale des logements concernés, ainsi que le retrait des annonces en ligne.
Cette approche s’inscrit dans une méthode progressive et proportionnée : identification des infractions, mise en demeure, suivi de la mise en conformité, puis sanctions en cas de non respect.
Au-delà de cette première étape, la commune déploie un plan structuré reposant sur plusieurs leviers : contrôles urbanistiques, actions en justice, taxation des logements inoccupés et collaboration avec les autorités régionales.
L’objectif est clair : remettre sur le marché locatif classique des logements aujourd’hui détournés de leur fonction première.
« Nous ne nous attaquons pas aux locations occasionnelles, mais bien aux dérives d’un système qui retire durablement des logements du marché. Notre priorité, c’est de permettre aux Ixelloises et aux Ixellois de se loger dignement », insiste le bourgmestre.
« Avec le Bourgmestre, nous avons eu une préoccupation en tête : protéger le logement traditionnel et sa qualité de vie, alors que nous sommes en pleine crise du logement, mais en aucun cas s’attaquer à des occupations purement occasionnelles et qui ne détériorent pas l’équilibre des quartiers. L’Urbanisme a fait un travail de recensement minutieux pour que la cible de notre action corresponde à cette priorité de notre déclaration de majorité. » conclut Julie de Groote.
Ce plan repose sur une mobilisation coordonnée des services urbanisme, logement, affaires juridiques et taxation, en collaboration étroite avec la police et les autorités régionales.
La commune appelle également à une clarification et à un renforcement du cadre légal au niveau régional afin de mieux encadrer ces pratiques.
Presse :
Ixelles veut remettre des logements Airbnb sur le marché locatif – RTBF – 27.04.2026
Ixelles veut remettre des logements Airbnb sur le marché locatif – DH – 27.04.2026
