La commune d’Ixelles a adopté ce jeudi 24 avril 2025, à l’unanimité, lors du conseil communal, d’une motion relative à la déclaration d’Ixelles comme commune appartenant à la « Coalition 8 mai !»,  antifasciste, engagée dans le devoir de mémoire et opposée aux idéologies racistes, antisémites, xénophobes ou liberticides et dictatoriales.

Voici le texte de la motion :

Le Conseil communal,

Vu les engagements européens et internationaux pris par la Belgique pour le respect des droits fondamentaux des personnes et en particulier des plus vulnérables : Déclaration universelle des droits humains, Convention européenne de sauvegarde des droits humains, Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;

Vu la Loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie ;

Vu la Loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination ;

Vu la Loi du 23 mars 1995 tendant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis par le régime national-socialiste allemand pendant la seconde guerre mondiale ;

Vu la résolution adoptée par le Parlement bruxellois le 1er juillet 2022, relative à la reconnaissance, en Région de Bruxelles-Capitale, du 8 mai comme un jour férié légal commémorant la victoire de la démocratie sur le fascisme ;

Vu la motion votée le 22 mars 2018 visant à déclarer la Commune d’Ixelles « Commune hospitalière » ;

Vu la motion votée le 9 juillet 2020 relative à l’engagement de la Commune d’Ixelles dans le combat contre toute forme de discrimination ou de violence fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou les caractéristiques sexuelles et visant à déclarer la Commune d’Ixelles « Rainbow City » ;

Vu la motion votée le 19 mai 2022 marquant l’adhésion de la Commune d’Ixelles à la Stratégie européenne de lutte contre l’antisémitisme et au maintien de la vie juive en Europe ;

Considérant que le 8 mai 2025 marquera les 80 ans de la Libération et que cette commémoration est l’occasion de rappeler que la démocratie et l’État de droit sont le fruit d’une lutte constante contre les idéologies liberticides et dictatoriales – en ce compris le fascisme, qui s’est nourri de l’antisémitisme et d’autres formes de haine et d’exclusion ;

Considérant que la démocratie repose sur le respect des valeurs fondamentales telles que la liberté d’expression, le pluralisme et l’État de droit, et qu’elle doit être protégée contre les idéologies liberticides et dictatoriales ;

Considérant la montée préoccupante en Belgique et dans le monde des discours et mouvements remettant en cause ces valeurs fondamentales ;

Considérant qu’au cours de l’histoire, les agissements des régimes liberticides et dictatoriaux – à l’instar du fascisme durant la Seconde Guerre mondiale – ont entraîné des conséquences dramatiques et criminelles, en ce compris des crimes contre l’humanité, en anéantissant la vie de millions de personnes, et considérant qu’il est, de ce fait, à la fois nécessaire et urgent d’empêcher toute tentative de restructuration, de développement et de propagation des idéologies de haine ;

Considérant qu’Ixelles est et doit rester une commune où le vivre ensemble est une réalité. Une commune où le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la xénophobie et le fascisme, le sexisme et la transphobie, n’ont pas leur place. Une commune où chacun amène sa pierre à l’édifice, quelle que soit sa couleur de peau, son origine, son genre, son orientation sexuelle ou sa religion ; Considérant la proposition de la « Coalition 8 mai ! » de doter les communes bruxelloises d’un outil commun qui leur permettra d’interpeller et d’agir concrètement face aux dangers de l’extrême droite à Bruxelles ;

Sur proposition du Bourgmestre,

Décide :

Article 1 : de consacrer Ixelles commune antifasciste, engagée dans le devoir de mémoire et opposée aux idéologies racistes, antisémites, xénophobes ou liberticides et dictatoriales.

Article 2 : d’empêcher, dans le respect des législations en vigueur, la diffusion sur le territoire d’Ixelles de propos incitant à la haine, au racisme, à l’antisémitisme, à la xénophobie, au sexisme ou à toute forme de discrimination fondée sur la religion (racisme envers les musulmans, les juifs, les chrétiens, …), l’orientation sexuelle, l’identité de genre, ou l’origine sociale.

Article 3 : d’appliquer par conséquent, pour toute communication, le principe du « cordon sanitaire médiatique », en ne donnant pas la parole ou un quelconque espace d’expression médiatique aux partis liberticides incitant à la haine, au racisme, à l’antisémitisme, à la xénophobie, au sexisme ou à toute forme de discrimination fondée sur la religion (racisme envers les musulmans, les juifs, les chrétiens, …), l’orientation sexuelle, l’identité de genre, ou l’origine sociale ;

Article 4 : d’appeler les autorités communales et les services compétents à faire preuve de vigilance face à tous les signaux d’incitation à la haine, au racisme, à l’antisémitisme, à la xénophobie, au sexisme ou à toute forme de discrimination fondée sur la religion (racisme envers les musulmans, les juifs, les chrétiens, …), l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’origine sociale et engager, dans le respect du cadre juridique national, régional et communal, toute procédure administrative et judiciaire possible pour empêcher la diffusion de tels propos sur le territoire d’Ixelles.

Article 5 : d’établir un canal de communication privilégié afin que les membres de la « Coalition 8 mai ! » et de la société civile puissent informer les autorités communales de l’organisation et de la tenue de tout événement incitant à la haine, au racisme, à l’antisémitisme, à la xénophobie, au sexisme ou à toute forme de discrimination fondée sur la religion (racisme envers les musulmans, les juifs, les chrétiens, …), l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’origine sociale sur le territoire de la commune d’Ixelles.

Article 6 : de soutenir et de promouvoir activement les initiatives dans le cadre du devoir de mémoire de la résistance face aux régimes liberticides et dictatoriaux – à l’instar du fascisme durant la Seconde Guerre mondiale – et la transmission des valeurs démocratiques, afin d’éviter la résurgence de ces idéologies ;

Article 7 : de soutenir la demande du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale de fixer le 8 mai comme jour férié légal en tenant compte des directives fédérales en la matière.

Article 8 : de continuer à impliquer la jeunesse en la sensibilisant davantage aux dangers du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie, des fake news, par des formations citoyennes et des ateliers pédagogiques dans les écoles de la commune d’Ixelles, en partenariat avec les associations locales.

Article 9 : de promouvoir les actions et les initiatives favorisant le vivre ensemble, en ce compris par la sensibilisation à l’histoire des populations qui ont contribué au développement de notre ville, de notre région et de notre pays au fil du temps.

Article 10 : de continuer à œuvrer afin que les personnes employées au sein de l’administration publique de la commune d’Ixelles soient correctement formées et sensibilisées aux enjeux liés au racisme, à l‘antisémitisme et à la xénophobie, afin d’assurer à toutes les citoyennes et tous les citoyens un traitement égalitaire, et de garantir une exemplarité des agents de l’autorité publique en matière de lutte contre les discriminations.

Ainsi délibéré, en séance.

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