En 2023, la commune a décidé d’établir un état phytosanitaire du patrimoine arboré ixellois. Cet inventaire de l’ensemble des arbres de la commune a pour objectif de développer une gestion stratégique, durable et cohérente du patrimoine arboré. Cette gestion se doit également d’être plus dynamique, afin de faire face aux nombreuses contraintes imposées par le contexte urbain, mais également par l’apparition de nouvelles maladies et l’augmentation d’épisodes météorologiques comme les sécheresses, les fortes pluies et les tempêtes.

Sur base de ces analyses, les abattages et les mises en sécurité des marronniers dépérissants de l’avenue Louis Lepoutre se succèdent depuis plusieurs années, modifiant l’alignement historique.

Les conditions de développement des marronniers de l’avenue Louis Lepoutre sont loin d’être optimales et ce en raison de plusieurs facteurs : (1) les conditions édaphiques du sol du site, qui se sont dégradées au fil des décennies ; (2) depuis la fin du XXème et le début du XXIème siècle, la maladie du chancre bactérien du marronnier ; (3) un cortège fongique profite de cette situation déséquilibrée pour se développer ; (4) les changements climatiques avec augmentation de la fréquence et de l’intensité d’évènements météorologiques extrêmes.

La Commune d’Ixelles se devait de réagir et a dès lors déposé un permis d’urbanisme pour abattre et remplacer 13 marronniers malades sur le tronçon de l’avenue Louis Lepoutre entre la place Brugmann et le carrefour Mignot Delstanche/Stroobant et planter 28 nouveaux arbres de trois essences différentes. Le choix des essences est justifié par différentes caractéristiques dendrologiques, paysagères et par des gabarits qui sont similaires.

Dans le but d’améliorer la résilience et la qualité du patrimoine arboré de l’avenue Lepoutre, le remplacement des marronniers s’effectuera à l’aide d’une diversité d’essences. Ces nouvelles essences seront plus à même de faire face aux changements climatiques, aux maladies émergentes, à la pollution atmosphérique, et apporteront une plus grande contribution au support de la biodiversité, à la réduction des ilots de chaleur et à une urbanité apaisée, sécurisée et rafraichie. Les trois essences de remplacement sont le Micocoulier de Provence (Celtis australis), le Tilleul de Crimée (Tilia x europaea ‘Euchlora’) et l’Orme de Sibérie ‘Flekova’ (Zelkova serrata ‘Flekova’). Ces trois essences possèdent à maturité des gabarits similaires aux marronniers actuellement présents (+/- 20 mètres de hauteur et +/- 10 mètres d’envergure).

Au-delà de leur fonction ornementale, les arbres sont des alliés essentiels en ville : stockage du carbone, amélioration de la qualité de l’air, infiltration des eaux pluviales, atténuation des bruits, réduction de la vitesse des vents, création d’espaces ombragés et lutte contre les îlots de chaleur.

La Commune se devait de prendre ses responsabilités tant en termes de sécurité qu’en termes de transmission du patrimoine arboré.

Il est également prévu de refaire à l’identique les chemins, de remplacer les bordures et parterres avec de nouvelles essences de plantes plus adaptées à notre époque et aux épisodes climatiques que nous connaissons

« Nous sommes à un tournant de l’histoire de l’alignement d’arbres de l’avenue Lepoutre  qui nous a été légué. Ne rien faire aujourd’hui, ce serait prendre le risque de voir disparaître progressivement ce patrimoine arboré, de manière subie et désordonnée.

Nous avons l’obligation de laisser aux générations futures un patrimoine arboré de qualité et résilient, qui s’inscrit dans une approche à long terme, et qui correspond aux nouvelles réalités urbaines, tout en préservant le caractère patrimonial du quartier » développe Geoffroy Kensier, échevin en charge des Espaces verts et des Plantation à Ixelles.

 

Note détaillée

Dans le cadre d’une gestion du patrimoine arboré communal ixellois, il est de notre responsabilité de porter une attention particulière sur le devenir de l’avenue Louis Lepoutre en tant qu’entité paysagère. Cette avenue structurante du quartier est, de par son double alignement de marronniers historiques, un élément marquant de la scénographique du quartier.

L’avenue Louis Lepoutre fut constituée au début du XXème siècle dans le cadre du « Plan général d’alignement et d’expropriation par zones » du quartier Berkendael. Les deux alignements de marronniers sont contemporains au percement de l’avenue.

Il est manifeste que les marronniers subissent, depuis des dizaines d’années, un peu partout en Europe, l’attaque de pathogènes mettant à mal l’alignement, nombreux étant actuellement en cours de dépérissement.

Les abattages et les mises en sécurité des marronniers dépérissant de l’avenue Louis Lepoutre se succèdent depuis plusieurs années, modifiant l’alignement historique. Encore dernièrement sur le tronçon entre la place Georges Brugmann et les rues François Stroobant et Mignot Delstanche, le 16 décembre 2025, un arbre représentant un danger imminent a été abattu (Arrêté du Bourgmestre) et les 5 et 6 janvier 2026, trois arbres ont été mis en sécurité pour éviter des chutes de branches. Le 14 avril 2026, deux autres arbres représentant un danger ont dû être abattus (par Arrêté du Bourgmestre).

En raison de nombreux facteurs, le remplacement des arbres dépérissant est nécessaire, voire primordial pour assurer la sécurité des riverains et usagers de cette avenue. La très grande majorité des marronniers qui sont actuellement présents sur cette avenue est atteint par la maladie du chancre bactérien du marronnier. Cette maladie entraine presque systématiquement le dépérissement des marronniers infectés. D’autre part, afin de pouvoir pérenniser le prestigieux caractère arboré de cette voirie, il est essentiel de mettre en place une méthodologie de remplacement adéquate.

La Commune d’Ixelles a décidé de déposer un permis d’urbanisme pour abattre et remplacer 13 marronniers malades sur le tronçon de l’avenue Louis Lepoutre entre la place Brugmann et le carrefour Mignot Delstanche/Stroobant et planter 28 nouveaux arbres de trois essences différentes. Le choix des essences est justifié par différentes caractéristiques dendrologiques, paysagères et par des gabarits qui sont similaires.

Le respect de l’identité particulière du lieu est notre fil conducteur.

Il est également prévu de refaire à l’identique les chemins, de remplacer les bordures et parterres avec de nouvelles essences de plantes plus adaptées à notre époque et aux épisodes climatiques que nous connaissons.

 

Contexte

La population des marronniers des deux alignements de l’avenue Louis Lepoutre est en grande majorité arrivée à un stade de maturité. La plupart des sujets dits « matures » sont présents depuis le début du XXème, période à laquelle ces deux alignements ont été implantés. Cette situation traduit donc une population d’arbres relativement âgée, sans pour autant lui attribuer un stade sénescent. Les espèces du genre « Aesculus » peuvent vivre jusqu’à l’âge de 300 ans s’ils sont implantés dans des conditions de développement optimales (à la campagne, en forêt, au milieu d’un parc). Par contre, dans un milieu urbain dense, exposé à la pollution, ces arbres atteignent rarement plus de 80 à 90 ans.

Les conditions de développement des marronniers de l’avenue Louis Lepoutre sont loin d’être optimales et ce en raison de plusieurs facteurs :

– Les conditions édaphiques du sol du site, qui se sont dégradées au fil des décennies. Ceci est notamment dû au tassement du sol provoqué par la fréquentation automobile et pédestre des lieux, mais aussi à l’appauvrissement des qualités physico-chimiques du sol, qui était initialement constitué de remblais. Un tel environnement est peu adapté à un développement optimal des arbres.

– Depuis la fin du XXème et le début du XXIème siècle, la maladie du chancre bactérien du marronnier, provoquée par une bactérie ubiquitaire et spécialisée (Pseudomonas syringae Pv. Aesculii) a largement décimé, et continue de décimer les marronniers (Aesculus) du nord de l’Europe. Les premiers cas recensés l’ont été en Grande-Bretagne à la fin des années 1990. Depuis lors, la maladie a migré progressivement et a perpétré ses méfaits outre-manche de manière dramatique.

– De plus, un cortège fongique profite de cette situation déséquilibrée pour se développer. Parmi ce florilège de champignons lignivores, la présence de l’Armillaire miellée (Armillaria mellea), la Stérée pourpre (Chrondrostereum purpureum) et l’Amadouvier (Fomes fomentarius) a été identifiée sur de nombreux marronniers de l’avenue Lepoutre. Ces trois champignons, combinés avec le chancre bactérien, ont une action de dégradation sanitaire et mécanique rapide, et engendrent un dépérissement inéluctable des sujets infectés.

– Avec les changements climatiques en cours, on doit également constater une augmentation de la fréquence et de l’intensité d’évènements météorologiques extrêmes. Ces épisodes météorologiques exacerbés ont provoqué une déstructuration du couvert arboré de cette voirie.

Au cours des deux dernières années (2024 et 2025), trois arbres au sein de ces deux alignements ont connu une rupture catastrophique de leur tronc, et l’ensemble de leurs couronnes (qui incluaient de très grosses branches de plusieurs centaines de kilos) est tombé sur la voirie.

Par chance, peu de dégâts matériels et aucun dégât humain n’ont été provoqués. Ces incidents très préoccupants sont consécutifs au dépérissement généralisé des arbres situés sur l’avenue Louis Lepoutre.

 

Prise de responsabilité

Afin de se prémunir de tout drame futur, des actes doivent être posés et un remaniement de la population arborée doit être effectué, en commençant par le tronçon de l’avenue entre la place Brugmann et le carrefour Mignot Delstanche/Stroobant. De par la configuration spatiale de la place Brugmann et de l’avenue Louis Lepoutre, ce tronçon est le plus impacté des quatre par les vents dominants (sud-ouest), il est de loin le plus atteint et abîmé. Le témoignage le plus tangible de ce phénomène est la déstructuration quasiment complète de la première partie de cette voirie. Depuis des dizaines d’années et au fil du temps, les abattages et remplacements d’arbres se sont succédé sur cette portion, laissant apparaitre un paysage et une scénographie arborée dégradée, en lieu et place d’un regretté couvert arborescent d’une qualité singulière.

Ce tronçon regroupe 28 arbres en deux alignements de 14 arbres. Soit, 40% des arbres qui composent les deux alignements de l’avenue Louis Lepoutre. L’étude phytosanitaire des arbres nous permet de les classer dans différentes catégories.

Les 5 arbres de la catégorie « Sain » sont des sujets juvéniles plantés récemment, issus des remplacements des marronniers abattus lors des cinq dernières années.

Les 7 arbres de la catégorie « Atteint sans gravité » sont aussi, en grande majorité, issus de plantations récentes effectuées ces cinq dernières années. Ces derniers sont essentiellement constitués d’arbres juvéniles (6) et d’un arbre adulte. De par leur courte existence, ces arbres sont exempts de défauts structurels majeurs. Cependant, même si la vigueur et la vitalité de ces jeunes plantations leur confère une résilience relative, les premiers symptômes de la maladie du chancre bactérien du marronnier (Pseudomonas syringae pv. aesculi) sont déjà visibles, sans occasionner des désordres trop importants à ce stade.

Il y a un arbre de la catégorie « Atteint » qui correspond à un sujet juvénile présentant des défauts structurels notables et des symptômes de la maladie du chancre bactérien du marronnier.

Les 7 arbres de la catégorie « Dépérissant » correspondent à 5 arbres matures et 2 arbres adultes. Le représentant adulte de cette catégorie est dans un état de stagnation vis-à-vis de sa croissance et dans un état sanitaire et mécanique déplorable. Ce dernier ne présente cependant pas de risque immédiat, malgré un dépérissement inéluctable. Les 5 représentants matures de cette catégorie sont dans un état sanitaire et mécanique extrêmement préoccupant. Ils sont pour l’ensemble atteints gravement et de manière irréversible par différents pathogènes. Les défauts mécaniques graves qu’ils présentent ne laissent aucun espoir de maintien nécessitant des opérations de mise en sécurité, avant un abattage complet.

8 arbres appartiennent à la catégorie « Mort ». Les arbres de cette catégorie ont soit été rompus par les précédents évènements climatiques extrêmes, soit été mis en sécurité de manière prophylactique.

Une demande de permis d’urbanisme a donc été introduite le 8 avril 2026 par la Commune d’Ixelles. Elle porte sur l’abattage et le remplacement de 13 marronniers dont : 5 « Sains » (tous juvéniles et ayant été plantés dans les cinq dernières années) ; 7 « Atteints sans gravité » (6 juvéniles et ayant été plantés dans les cinq dernières années) et 1 « Atteint ». Les arbres « Dépérissants » (7) ou « Morts » (8) ne nécessitent pas de demande de permis d’urbanisme, ils seront également remplacés.

 

Remplacement et adaptation

Dans le but d’améliorer la résilience et la qualité du patrimoine arboré de l’avenue Lepoutre, le remplacement des marronniers disparus lors des évènements climatiques extrêmes et des différentes actions posées (mises en sécurité, abattages …), s’effectuera à l’aide d’une diversité d’essences. Ces nouvelles essences seront plus à même de faire face aux changements climatiques, aux maladies émergentes, à la pollution atmosphérique, et apporteront une plus grande contribution au support de la biodiversité, à la réduction des ilots de chaleur et à une urbanité apaisée, sécurisée et rafraichie.

Dans une approche de conservation du gabarit des arbres historiquement présents, il est nécessaire de proposer des essences dont les envergures et les hauteurs sont similaires aux gabarits des marronniers matures existants. Actuellement, les marronniers sont en moyenne de 16 mètres de hauteur et ont 8 mètres de largeur de couronne.

Il est primordial de ne pas replanter à l’identique du marronnier, qui comme expliqué précédemment, est une essence dépréciée par plusieurs pathogènes, et plus particulièrement par la maladie du chancre bactérien. C’est donc dans cette optique que trois essences différentes sont prévues pour le remplacement des marronniers et la plantation de 28 arbres.

Le choix des trois essences est justifié par différentes caractéristiques dendrologiques, paysagères et par des gabarits similaires.

Les trois essences de remplacement sont le Micocoulier de Provence (Celtis australis), le Tilleul de Crimée (Tilia x europaea ‘Euchlora’) et l’Orme de Sibérie ‘Flekova’ (Zelkova serrata ‘Flekova’). Ces trois essences possèdent à maturité des gabarits similaires aux marronniers actuellement présents (+/- 20 mètres de hauteur et +/- 10 mètres d’envergure). Les types de tailles et de ports des futures plantations seront similaires à la configuration et à l’ambiance arborée qui règne au sein de l’avenue Louis Lepoutre. Des tailles douces, des élagages doux d’entretien seront réalisés dans l’optique d’un port semi-libre des plantations à venir. Il s’agit de 3 essences s’adaptant à quasiment tout type de sol, résistant à la pollution atmosphérique, agissant comme plantes hôtes et nourricières, tolérantes aux vents et bien armées face aux changements climatiques. Ce tronçon accueillera 28 nouveaux arbres.

 

Au-delà de leur fonction ornementale, les arbres sont des alliés essentiels en ville : stockage du carbone, amélioration de la qualité de l’air, infiltration des eaux pluviales, atténuation des bruits, réduction de la vitesse des vents, création d’espaces ombragés et lutte contre les îlots de chaleur.

Les aménagements prévus respecteront le caractère de l’avenue Louis Lepoutre, les cheminements seront refaits, les plantations seront harmonisées, avec une attention particulière à la qualité paysagère de l’ensemble.

Partager: