Il y a un an, la commune d’Ixelles nouait une alliance inédite avec les principaux acteurs immobiliers et commerciaux actifs autour de la Porte de Namur, dont le groupe Bruvaco, gestionnaire de la galerie de la Toison d’Or, et le groupe Hibert, propriétaire de nombreux biens commerciaux du quartier, aujourd’hui partiellement en faillite. Douze mois plus tard, plusieurs projets sortent de terre et dessinent les contours d’un quartier en pleine transformation.

Une nouvelle enseigne haut de gamme square du Bastion

Le fabricant italien de mobilier design Kartell vient d’ouvrir un magasin square du Bastion, avec un projet horeca italien complémentaire prévu d’ici la fin de l’année. Les porteurs du projet soulignent avoir choisi ce site en priorité, avec le soutien actif de la commune. Le square du Bastion lui-même a fait l’objet d’une rénovation en profondeur : la tour Generali a été dotée d’un auvent protecteur contre le vent, des espaces verts ont été aménagés, et un kiosque pourrait encore y voir le jour.

Mixité commerciale : la commune tient sa ligne face à KFC

Le dossier du bâtiment situé au coin de l’avenue de la Toison d’Or et de la chaussée d’Ixelles illustre la volonté communale de préserver la diversité de l’offre commerciale. La chaîne KFC y a obtenu un permis de la Région bruxelloise, mais Ixelles a introduit un recours au Conseil d’État, une position déjà défendue en 2019 face à une précédente tentative d’implantation et confirmée et maintenue par la nouvelle majorité.

Pour l’échevine de l’Urbanisme Julie de Groote (Les Engagés), l’enjeu dépasse ce seul dossier : la zone commerciale de la Porte de Namur compte déjà un nombre important d’enseignes de restauration rapide, et la commune souhaite y favoriser une offre commerciale plus variée plutôt que de voir un commerce de biens supplémentaire se transformer en fast-food.

Logements, hôtel et grand projet de sport-loisirs

Plusieurs permis ont par ailleurs été délivrés ou sont en cours de négociation rue du Berger et rue Stassart, pour des projets de logements privés, de coliving et de logements touristiques. Le projet d’hôtel Shaker, également rue du Berger, avance bien. La transformation de l’ancien bâtiment de la Poste, chaussée d’Ixelles, cinq logements haut de gamme et un commerce de 800 m², dispose désormais d’un permis valable jusqu’à fin 2028, même si son sort reste lié à l’évolution de la faillite du groupe Hibert.

Le projet le plus emblématique reste celui de l’ancien Innovation, à l’angle de la chaussée d’Ixelles et de la rue du Berger : près de 6 000 m² sur cinq étages accueilleront une grande salle de sport et de bien-être avec piscine extérieure sur le toit, ainsi que des espaces de réunion et un restaurant. La commune a rendu un avis favorable, sous conditions, et le permis pourrait être délivré avant la fin de l’année.

Un bilan jugé positif côté acteurs privés, mais des points de vigilance

Du côté de Bruvaco, gestionnaire de la galerie de la Toison d’Or, le bilan de cette première année d’alliance est globalement positif, notamment sur le plan de la sécurité, renforcée grâce à une présence policière plus régulière. Le dialogue avec la commune est également salué comme plus constructif, avec plusieurs permis obtenus pour moderniser les façades et agrandir les surfaces commerciales de la galerie, de nouvelles enseignes y sont attendues début 2027.

Des points de tension subsistent néanmoins : la multiplication des chantiers dans le quartier (rond-point Louise, rue Stassart) complique l’accessibilité, à pied, à vélo comme en voiture. Le réaménagement de l’avenue de la Toison d’Or fait par ailleurs l’objet d’un recours porté par Bruvaco et Interparking, qui réclament une configuration plus sûre pour tous les usagers.

Une charte commerciale toujours en discussion

Deux chantiers restent en cours de finalisation : la charte destinée à harmoniser les enseignes commerciales du quartier, dont la présentation aux commerçants est désormais annoncée pour la rentrée de septembre, et l’aménagement de zones d’attente pour les livreurs à vélo, jugé prioritaire mais plus complexe que prévu à mettre en œuvre. Sur ce dernier point, des discussions sont en cours avec les syndicats de livreurs afin que les applications ne les contraignent plus à stationner directement devant les commerces.

Rendez-vous à la rentrée

Une nouvelle rencontre entre la commune et les acteurs immobiliers du quartier est programmée en septembre. Elle devrait notamment permettre de faire le point sur les conséquences de la faillite du groupe Hibert pour plusieurs dossiers emblématiques du périmètre, au-delà des cas déjà connus des galeries Louise et du magasin Apple.

Un an après son lancement, l’Alliance Porte de Namur confirme en tout cas une dynamique de fond : celle d’un quartier commercial en pleine recomposition, entre montée en gamme de l’offre et vigilance communale sur l’équilibre commercial du périmètre.

Presse :

Hôtels, piscine à ciel ouvert, salle de sport et enseignes haut de gamme, etc. : l’Alliance Porte de Namur à Ixelles produit ses premiers effets – DH – 05.07.2026

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