Les belles personnes nous laissent une trace dans le cœur, une présence dans l’absence. Édouard était une belle personne. Il nous laisse la trace de son amitié constante, de sa gentillesse exquise qui allait de pair avec une détermination sans faille à poursuivre ce qu’il trouvait important.

 

Édouard était un militant dans le sens le plus noble du terme. Il trouvait important d’être là, de participer au débat, de continuer à porter un projet de société, de ville, de quartier. Conseiller communal, Président National des Aînés, jusqu’au bout il sera venu à nos réunions. J’ai l’impression de le voir hier encore, il y a quelques mois à peine, bienveillant, curieux de tout, malicieux.

 

Sa militance était forte et active, et elle tissait des liens bien au-delà des partis. Partout où il allait, Édouard était accueilli avec le sourire. Parce que lui-même se souvenait de son interlocuteur, continuait une conversation interrompue parfois bien des mois auparavant. Édouard appelait les gens par leur nom. Et comme il le disait encore à la RTBF à 96 ans, dans « son » Parc Tenbosch, on se dit bonjour. Édouard disait bonjour.

 

La plus belle des traces matérielles qu’Édouard nous laisse, c’est le Parc Tenbosch, cet écrin vert au cœur d’Ixelles qu’il a sauvé de la spéculation immobilière. À son image, il a d’abord tissé patiemment des liens, fédéré le quartier autour du fameux Comité de Quartier Tenbosch dont plusieurs membres sont présents aujourd’hui pour lui rendre hommage. Puis il y a eu ces huit jours fous où, avec la complicité de Cécile Goor, ils ont réussi à ce que la Région rachète le Parc et le préserve pour notre plus grand bonheur et celui des générations futures. Ils se ressemblaient bien ces deux-là, Cécile et Édouard. Discrets, aucune forfanterie, mais une détermination tranquille et sans faille qui rendait l’impossible possible.

 

Aujourd’hui, c’est Geoffroy Kensier, notre Échevin des Espaces Verts, qui chérit ce bel espace et en recense les arbres remarquables. Cela aussi rendait Édouard très heureux, le flambeau passé, la lampe allumée, la lampe toujours allumée.

 

Édouard, Ixelles te doit tant. Ton quartier te doit tant. Tes amis te doivent tant.

 

Merci Édouard. Tu vas terriblement nous manquer. Mais tu sais, tu vas aussi rester terriblement présent.

 

Julie de Groote

Église Abbatiale de La Cambre, mardi 24 février 2026

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