La mémoire collective est notre patrimoine immatériel qui permet de construire une représentation du passé collectivement partagée. Nous rendons ce mois-ci hommage à deux figures ixelloises de la Deuxième Guerre mondiale.

On rappelle souvent que «pour construire l’avenir, il faut comprendre le passé», et pourtant cette phrase est oubliée à chaque fois qu’on veut tordre l’Histoire pour qu’elle corresponde aux ambitions du moment. Parfois ces récits résonnent de manière forte dans notre actualité et c’est pourquoi le service du Patrimoine attache à la mémoire collective une attention toute particulière. Ainsi, il nous tient à coeur de mettre à l’honneur des personnalités ixelloises comme Hector Demarque, grand héros de la résistance et personnification du réseau Clarence, et Albert Guyaux, qui nous livre le récit de la libération d’Ixelles à travers ses yeux d’enfant de dix ans.

Hector Demarque était un homme de l’ombre, un homme discret, un héros immense. Cinquante ans après son décès, la Commune d’Ixelles lui a rendu hommage, en collabo­ration avec La Royale Union des Services de Renseignement et d’Action. Demarque, jeune ingénieur industriel à la RTT après des études à l’ULB, est remarqué par Walthère Dewé, le chef du célèbre réseau de renseignements Dame Blanche durant la Première Guerre mondiale. Dewé sait combien il est essentiel de pouvoir se baser sur un réseau de renseignements fiables et demande à Demarque de codiriger le réseau Clarence, nom qu’Hector Demarque prendra lui-même comme nom de code et que le MI6 qualifiera comme «one of the most successful SIS networks in Belgium». Discret, il le restera après la guerre, rejetant les honneurs et le prestige. Nous lui devons notre liberté.

La guerre imprime aussi son sceau sur le plus intime et le plus quotidien.

Le jeudi 15 mai à 18h30, nous présentons au siège de la Fraternelle des Agents Parachutistes, 46 rue du Châtelain, le témoignage bouleversant d’Albert Guyaux. Nous plongeons dans le quotidien du jeune Albert, 10 ans en 1944. Un quotidien à la fois déchirant quand son papa est emmené en captivité en Allemagne, haletant quand on suit les avancées des alliés, amusant quand on boit avec lui son premier english tea offert par des soldats qui resteront des amis de la famille. C’est un témoignage rare et précieux, et il nous est offert par un Ixellois qui a gardé la curiosité, l’émerveillement et la profonde gentillesse du petit garçon de ces terribles journées de sep­tembre 1944.

Venez l’écouter !

 

Julie de Groote, Echevine de l’Urbanisme et du Patrimoine

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